Douleurs au violon : causes et solutions concrètes
Vous ressentez des douleurs au violon, au point parfois de douter de votre envie de continuer ? Je vous comprends. Être violoniste ne devrait jamais vouloir dire souffrir ! Dans cet article, je vous explique pourquoi ces douleurs apparaissent, comment les éviter et, surtout, comment retrouver le plaisir de jouer avec aisance.
Douleurs au violon : ce n'est pas une fatalité !
Soyons clairs : avoir mal en jouant du violon, ce n'est pas normal. Oui, plusieurs musiciens autour de vous s'y sont peut-être résignés. Oui, vous pratiquez depuis longtemps et vous avez toujours souffert… Oui, beaucoup disent que la douleur fait partie du cheminement… Mais non, ce n'est absolument pas le cas. Il y a toujours une cause aux douleurs et bonne nouvelle, il y a aussi toujours des solutions pour toutes les douleurs. Identifier la cause réelle de votre inconfort, c'est le chemin direct pour jouer plus librement et avec plaisir.
Bien entendu, chaque corps est unique et les cas spéciaux existent, mais les grandes sources de douleur au violon sont presque toujours les mêmes. Rappelez-vous de ces mots-clés :
- Posture
- Technique
- Détente
- Équipement
Lorsque vous avez une douleur, descendez la liste - dans cet ordre - parce que, par exemple, si le problème se situe au niveau de base, votre posture, peu importe ce que vous améliorerez au niveau de l'équipement, vous aurez encore mal. Alors face à une douleur, prenez l'habitude de questionner chaque malaise en descendant la liste et surtout, gardez en tête que la solution existe ! Lorsque ces quatre points sont réglés, les douleurs disparaissent.
Les zones du corps les plus touchées par la douleur au violon
Sans surprise, les douleurs les plus fréquentes au violon se situent dans toutes les zones du corps qui sont les plus solicitées, ça va de soi. Cou, menton, nuque, dos, poignet, avant-bras, mains, épaules, mâchoire et j'en passe ! Voici comment y voir plus clair et adopter les bons gestes pour chaque zone.
- Cou, nuque et dos : Tension souvent causée par un violon mal placé, trop devant soi, pas assez à gauche, pas assez sur l'épaule, ou à cause d'une épaulière mal adaptée. Le violon devrait paraître léger sur l'épaule, déposé légèrement entre la joue/menton et l'épaule. Si vous avez l'impression qu'il tombe sans arrêt, le problème est là.
- Poignet droit : Problème quand le geste d'archet sollicite le poignet de façon non naturelle (mouvement latéral forçant la main). Le meilleur mouvement naturel du poignet étant haut-bas et non gauche-droite.
- Poignet gauche : Trop plié ou sollicité à l'excès, main tordue, surtout si la taille du violon n'est pas adaptée à votre taille. Les gens de moins de 1.63 mètres (5 pieds 4 pouces) devraient vraiment considérer un violon 7/8 ou 3/4.
- Épaule droite : Si on a tendance à jouer du coude, ou alors si on monte et descend constamment l'épaule pour accompagner l'archet. Celle-ci ne devrait jamais participer. Détente totale.
- Pouce gauche : Crispation liée à la pression excessive contre le manche, notamment en passages rapides. Apprenez à le rendre plus passif. Oui il supporte les doigts, mais il ne fait le travail à leur place. Ouvrez la paume de votre main gauche, vous verrez tout de suite une différence.
- Mâchoire : Douleur ou marque lorsque la mentonnière ne convient pas, par exemple trop courbée contre la mâchoire, ou si l'on serre trop le violon par crainte qu'il ne tombe. Encore une fois, un violon à gauche et sur l'épaule est important, car c'est ainsi qu'il pourra tenir seul sans votre main gauche... Et sans tomber constamment.
- Dorsalgies, trapèzes : Tensions installées par une posture globale non corrigée ou une position assise inadaptée. La détente étant de mise encore une fois.
Si vous reconnaissez l'un de ces problèmes, rassurez-vous : il existe des ajustements simples et efficaces.
Bien positionner son violon pour éviter les douleurs
Un bon positionnement du violon, c'est la base de tout. L'instrument doit reposer confortablement sur l'épaule, épaulière placée vraiment au-dessus et non devant l'épaule. Violon pas à gauche complètement, mais presque. Tête droite et non penchée sur l'instrument. Menton dans la mentonnière, se posant naturellement dans la courbe de celle-ci, le nez aligné sur la corde de sol : normalement, rien ne tombe ni ne tire.
Évitez de forcer votre cou ou d'incliner excessivement la tête. Un violon bien placé "flotte" sur l'épaule sans aucune tension. Lorsque la gravité ne travaille plus contre vous, la détente s'installe presque toute seule. Un petit truc : vérifiez que votre épaulière comble bien l'espace entre votre épaule et le fond du violon. L'ajustement doit épouser votre morphologie, ni trop haut, ni trop bas. Vous savez, tourner la tête vers le violon et sentir que le menton prend sa place et que tout est stable et parfaitement fait pour votre corps.
Certains jouent sans épaulière, mais attention : ce n'est pas fait pour tous les corps. Ceux qui jouent ainsi ont souvent une morphologie spécifique (clavicule applatie, pas trop prononcée, cou plutôt court, etc.). Si jamais vous ressentez une douleur, notamment sur la clavicule ou l'épaule, l'ajout d'une épaulière adaptée peut changer la donne immédiatement pour le mieux. Et à cet égard, on peut vous aider.
Douleurs au violon : le rôle capital de l'équipement
La taille du violon et celle de l'archet font une vraie différence. On l'oublie souvent, mais le “violon entier” (4/4) n'est pas toujours le bon choix, surtout pour les femmes de petite taille (et les hommes quoi que moins nombreux). Si vous mesurez moins de 163 cm (5 pieds et 4 pouces), considérez l'essai d'un 7/8 ou d'un 3/4 : cela peut radicalement diminuer l'étirement excessif des doigts, des tendons, le sentiment de blocage du poignet, et apporter une agilité inespérée. Non, encore une fois, ce n'est pas normal que tous les adultes quelle que soit leur taille aient le même violon. Dans tous les sports, on comprend qu'un équipement adapté fait une différence, alors qu'au violon, même certains luthiers de renom s'entêtent à dire que ce n'est pas le cas, ou qu'il n'y a pas assez de différence. C'est faux, les élèves qui en font l'expérience pourront vous le confirmer.
N'oubliez pas, la taille idéale d'un violon devrait toujours être reliée à la grandeur du bras gauche. Une fois le violon sur l'épaule et bien à gauche et une fois la main au fond, prête à jouer, pouce ne dépassant pas la touche, index au premier pli, regardez l'angle entre votre avant-bras et votre bras. Si c'est 90 degrés exactement, le violon est bien adapté. Angle plus grand, violon trop grand, angle plus petit, violon trop petit. Aussi simple que ça.
Pour le choix de l'épaulière, testez plusieurs modèles (Kun, Mach One, KorfkerRest, Viva la musica, même Play-On-Air…) et évitez les modèles difficiles à ajuster ou inconfortables dans la durée (l'épaulière Wolf par exemple est vraiment à éviter). Prenez aussi beaucoup de temps pour ajuster l'épaulière adéquatement. Plus proche, plus loin de votre cou ? Votre choix. Patte gauche et patte droite plus ou moins hautes en fonction de votre confort, normalement bas sur l'épaule et haut devant le corps. Patte de gauche plus loin sur l'épaule, patte de droite plus proche de vous, jamais contre la clavicule. Votre confort prime tant que le violon est bien tenu. On peut vous guider si vous en avez besoin, donc n'hésitez pas à prendre une Rencontre d'information gratuite sur notre site web.
Aussi, la mentonnière elle-même influence beaucoup le confort. Quelques conseils. Privilégiez un modèle parfaitement aligné verticalement avec votre épaulière. La mentonnière doit être vis-à-vis où est votre épaule. Plus ou moins haute tout dépendant de la hauteur de votre cou. Même une légère différence de forme ou de hauteur peut générer des tensions importantes à l'usage. Aussi, avant d'acheter une mentonnière centrale, faites vérifier votre technique auprès d'un professeur, car c'est souvent une fausse solution qui patch le problème plutôt que le régler. N'hésitez pas à tester, à modifier votre équipement, et surtout à écouter votre corps si une nouvelle mentonnière déclenche une gêne. Encore une fois, nous sommes là pour vous aider.
Enfin, l'archet doit absolument être adapté à la taille de votre bras, peu importe ce qu'en disent certains luthiers. Il devrait être facile de placer l'archet à l'extrême pointe tout en ayant un archet droit et une détente dans le bras droit. Si ce n'est pas le cas, oui le corps s'habitue, mais il y a toujours des limites. Un archet plus court peut faire une vraie différence si vous avez vraiment mal.
La posture globale et son impact sur la douleur
Tout part du tronc ! Tenez-vous toujours bien droit(e), les pieds espacés à la largeur des épaules, le poids bien réparti. Oubliez la tentation de faire reposer le poids du corps sur un seul pied ou de croiser les jambes - la colonne vertébrale aime la stabilité, et vos muscles vous en remercieront sur le long terme.
Avant de jouer, pensez à avoir des épaules ouvertes et détendues. On ne cambre pas le dos vers l'arrière, mais on ne referme pas les épaules non plus. Ouvertes et détendues. En jouant assis (notamment à l'orchestre), tournez légèrement la chaise vers la droite et alignez ainsi la volute, la partition et le chef d'orchestre. Gardez votre dos droit comme si vous étiez debout. Jamais un violon vers le bas ou devant vous. Sinon, c'est un passeport vers les douleurs chroniques.
Tenue de l'archet : prévenir les douleurs du poignet et de l'avant-bras
Bien tenir l'archet, ce n'est pas une question de force ! Le secret : placer le pouce vers le ciel, les doigts détendus et en diagonale par rapport à la baguette. Cette posture permet au poignet de travailler dans son mouvement naturel - de haut en bas - donc de suivre la direction de l'archet, et cela réduit à néant le risque de douleur au poignet droit.
Il est inutile de serrer fort. Chaque doigt a son rôle. Pouce-pivot et auriculaire-contre-poids pour équilibrer haut-bas, dos du pouce et majeur/annulaire pour équilibre latérale, index pour enrober, accoter et guider, etc. Mais vraiment, tous doivent rester souples et détendus. Si votre avant-bras fatigue ou se tend, c'est généralement signe qu'il faut relâcher la pression, ou rapprocher les doigts. D'ailleurs, le petit doigt ne devrait jamais être placé sur la vis. Si vous vous demandez pourquoi il n'est jamais rond, c'est souvent qu'il est trop loin ! Plus la main se fait légère, plus l'archet “glisse” avec fluidité.
Libérer la main gauche et le pouce pour supprimer les crispations
La main gauche mérite aussi toute votre attention. Oubliez l'idée de “pincer” le manche : le pouce ne doit servir qu'à stabiliser (mais sans pression... mollement), Ne jamais presser. Idéalement, gardez la paume ouverte, le pouce “en crochet” au niveau d'où l'index joue un La sur la corde de sol par exemple, grosso modo car cela dépend du corps de chacun. Le pouce à peine accoté. Surtout pour les passages rapides, où la tentation est grande de se crisper, pensez détente et paume ouverte, et vous allez me remercier.
Voir ci-bas la position idéale de la main gauche au violon. Bout du pouce aligné avec la touche, grosso modo où sera votre premier doigt (lorsque l'index est sur la touche), index dont le premier pli est aligné avec la touche. Poignet très légèrement plus sorti vers la volute, mais à peine. Portion droite de la main et de l'avant-bras alignés. Main tournée vers le violon sans forcer. Paume de la main ouverte. Détente totale. Doigts perchés au-dessus de la corde s'ils ne sont pas en train de jouer.
Pour maintenir cette détente, essayez la "technique des deux mesures” : On essaie deux mesures d'une pièce et seulement deux mesures. Si la détente est totale au début comme à la fin, on essaie quatre, puis six… Et on n'augmente le nombre de mesures que si et seulement si la détente est totale et la technique est bonne. Petit à petit, votre cerveau gardera le bon automatisme sur tout un morceau, même lors des passages techniques exigeants.
Voir aussi : La technique de la main gauche au violon
Repérer et corriger les petites erreurs qui font mal
Parfois, ce sont les détails qui déclenchent la douleur : un pupitre trop bas ou devant vous plutôt qu'à votre gauche, être mal assis à l'orchestre, une tenue d'archet trop en pince, ou la tête trop penchée… Adoptez le réflexe d'analyser chaque geste qui vous fait mal et corrigez immédiatement. N'oubliez pas. Avoir mal, ce n'est pas normal. C'est fréquent oui, mais vous méritez mieux :)
N'oubliez pas que la détente mentale va de pair avec la détente physique : relâchez vos muscles et respirez ! Si une douleur persiste, arrêtez-vous, trouvez la source ou demandez un avis extérieur. Les professeurs certifiés Mildor Violon sont là pour vous aider. Il n'y a aucun avantage à forcer dans la douleur : votre corps vous parle pour vous aider à progresser, pas pour vous punir !
Jouer sans douleur, musculation et effet du temps
Pensez-y. Plus une personne est forte (et souple), moins elle a des risques de se blesser lorsqu'elle manipule quelque chose de lourd. Et bien au violon, c'est la même chose. La musculation fine prend du temps, mais justement la répétition des exercices comme les groupements par exemple permettent à la main gauche de se développer. Répété chaque jour, la musculation fine devient plus adéquate. Résultat, moins de douleurs. La détente vient donc plus naturellement avec le temps. Autrement dit, jouez les bons exercices avec régularité et le temps deviendra un allié précieux. Pas pour rien que c'est "facile" pour les professeurs, parce qu'ils ne se battent plus constamment contre leur corps. Vous aussi, ça vous arrivera, faites-vous confiance. Plus le temps avance, et plus ces trucs difficiles deviendront simples, pour autant que vous développiez la bonne technique.
Résumé : jouer du violon sans douleur, c'est possible
Retenons quatre mots : posture, technique, détente et équipement. Prenez le temps d'observer vos gestes, ajustez vos accessoires à votre morphologie, et accordez-vous le droit d'expérimenter jusqu'à trouver une configuration qui vous permet d'oublier la douleur. Jouer libéré, ce n'est pas réservé aux professionnels : chacun peut y parvenir avec méthode et bienveillance envers soi-même.
Vous souhaitez aller plus loin, affiner votre posture ou poser vos questions en direct ? Découvrez Mildor Violon : tutoriels, cours par visio, partitions interactives et accompagnement personnalisé, le tout pensé pour s'adapter à chacun et à chaque étape de votre parcours musical. Prenez soin de vous et au plaisir de vous accompagner vers un jeu plus confortable !
P.S. Vous vivez d'autres douleurs ? Écrivez-nous à info@mildorviolon.com et on se fera un plaisir d'ajouter la solution dans cet article de blogue.